Prix de thèse « Résidences Adamas 2026 » attribué à Manon Lemaire

    • 13 juillet 2026

Le prix de thèse A.I.D.E. des Résidences Adamas, programme européen de résidences pour chercheurs en droit, a été attribué à Manon Lemaire.

Manon Lemaire est docteure en droit public et qualifiée aux fonctions de maître de conférences. Après avoir été attachée temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Jean Moulin Lyon 3, elle rejoint en 2026 Nantes Université en qualité d’enseignante-chercheuse contractuelle. Titulaire d’une double licence en droit et en histoire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’un master 2 en droit du développement durable de l’Université Paris Cité, elle a également obtenu un LLM en droit international de l’environnement à l’Elisabeth Haub School of Law at Pace University, à New York, avec la mention summa cum laude. Ses recherches portent principalement sur le droit international de la biodiversité, la propriété intellectuelle, les droits des peuples autochtones et la gouvernance des informations de séquençage numérique. Elle est membre associée à l’Institut de droit de l’environnement de l’Université Jean Moulin Lyon 3 et au laboratoire EcoLAWgy de l’Université de Liège, ainsi que membre fondatrice du groupe de recherche interdisciplinaire iDSI Research.

Sa thèse, soutenue à l’Université d’Artois sous la direction d’Hugues Hellio, est intitulée « Les ressources génétiques en droit international. Contribution à l’étude du régime d’accès et de partage des avantages ».

La Convention sur la diversité biologique de 1992, complétée par le Protocole de Nagoya de 2010, encadre l’accès aux ressources génétiques issues notamment des plantes, des animaux et des microorganismes, ainsi que le partage des avantages monétaires ou non monétaires découlant de leur utilisation. À la croisée du droit international de l’environnement et du droit international économique, le régime d’accès et de partage des avantages repose sur les droits souverains des États, s’articule avec les droits de propriété intellectuelle et organise les relations entre les fournisseurs et les utilisateurs de ressources génétiques. Il reconnaît également l’importance des connaissances traditionnelles ainsi que les droits des communautés autochtones et locales.

Le régime a progressivement été décliné dans plusieurs cadres spécialisés, notamment en matière d’agriculture, de santé publique et de biodiversité marine. Plus de trente ans après sa création, il demeure toutefois marqué par d’importantes fragilités de conception et de mise en œuvre. Celles-ci sont désormais accentuées par le développement des technologies de séquençage numérique, qui permettent d’exploiter sous forme de données les informations génétiques tirées de ces ressources, indépendamment de l’accès aux échantillons matériels. Cette évolution remet en cause l’architecture principalement territoriale et bilatérale du régime, en compliquant l’identification des fournisseurs, la traçabilité des utilisations et le partage effectif des avantages.

La thèse propose une analyse transversale, critique et prospective du régime, en examinant ses fondements normatifs et les limites qui entravent son effectivité. Elle en explore les perspectives de renouvellement à travers l’intégration des informations de séquençage numérique sur les ressources génétiques et le recours à une approche fondée sur les communs, qui conduisent à repenser le droit de propriété au-delà de sa dimension exclusive. Ce travail contribue ainsi à la réflexion sur le renouvellement de la gouvernance des ressources génétiques, au regard des défis contemporains de la biodiversité et des exigences d’équité du droit international.